Retour du GDD « Apprendre et Enseigner Autrement » n°1

Groupe de développement

« Apprendre et enseigner autrement pour la réussite de tous les élèves »

Vendredi 19 octobre 2018 – Collège Honoré de Balzac – Vénissieux

Le 19 octobre 2018, les équipes pédagogiques inscrites sur le parcours « apprendre et enseigner autrement » et accompagnées par le pôle Dfie sur leur expérimentation, se réunissaient au collège Honoré de Balzac à Vénissieux. Au centre des préoccupations, le « co », comme « coopérer », « collaborer », « collectif »., le « co » fil rouge thématique d’une année qui commençait alors. Tous les participants étaient invités à se vêtir en jaune et noir et de rejoindre la « ruche Dfie »… Tout un programme !

 

WHAT THE CO ?

 

Après une brève présentation de la journée et de ses objectifs, c’est par une mini-conférence que Jérôme Bodon-Clair, chargé de mission, commence. La coopération à toutes les échelles, du neurone à la société y est conviée. Apport théorique donc, mais surtout apports croisés des sciences de l’éducation, des neurosciences, de l’ethnologie,  de l’anthropologie, des sciences naturelles, de la psychologie sociale et bien d’autres pour essayer de mieux cerner en quoi l’espèce humaine est une espèce hyper-coopérative et quelles influences et possibles cela peut amener dans les classes.

 

JEU DE CHAISES…

Puis vient le moment de mettre en situation de coopération les participants dans un jeu décalé et énigmatique. Au centre de l’espace, 6 chaises (en forme d’alvéoles, parfaitement raccord avec le thème « abeille » de la journée !). Les participants divisés en 5 groupes sont alors invités à respecter une consigne qu’ils doivent garder provisoirement secrète (mettre les chaises en cercle, s’asseoir dessus, tourner les dossiers des chaises…). Au top de l’animateur, voilà les équipes qui s’élancent, tentant vainement d’accomplir leur consigne, alors que les autres équipes veulent réaliser la leur ! Conflits d’objectifs, manque de lisibilité, les groupes s’emmêlent, certains observent, d’autres s’imposent, s’improvisent leaders. Puis peu à peu, on parle, on comprend, la coopération s’organise au sein même du groupe, mais aussi entre les groupes et chacun réalise que toutes les consignes sont réalisables sans gêner les autres. On avance alors et l’on boucle les objectifs avec le sourire. Après des témoignages des émotions ressenties, un débriefing à chaud, tout le monde peut s’asseoir pour écouter la conférence de notre invitée : Isabelle Peloux.

 

ISABELLE PELOUX : UNE BELLE RENCONTRE

Enseignante et co-fondatrice de l’école du Colibri aux Amanins, Isabelle Peloux est aujourd’hui une des spécialistes de la pédagogie de la coopération qu’elle met en oeuvre chaque jour dans son établissement. Après un historique de la création de cette école si particulière, un aperçu du socle théorique sur lequel elle s’appuie (marqué par son éclectisme, et convoquant autant Antoine de La Garanderie que Rémi Brissiaud, Philippe Meyrieu que Serge Tisseron), Isabelle apporte un éclairage précis de son fonctionnement et des valeurs qui la fonde. Education à la paix, ateliers philo, coins cabanes, autant d’éléments (parmi de nombreux autres) qui contribuent à apprendre la coopération à ses élèves, pour favoriser le vivre ensemble et développer des compétences comme l’empathie, l’argumentation, l’esprit critique… Une belle rencontre avec une femme passionnée, engagée, généreuse et toute en humilité. Les participants sont comblés !

LE RUCHER

Après avoir prolongé nos discussions avec Isabelle Peloux le temps du repas, les participants sont de retour dans un espace entièrement vidé. Au sol, l’on voit apparaître des jetons/bouchons de couleurs différentes, des ardoises et quelques croix dessinées à la craie. Le plateau d’un jeu sérieux est dressé : bienvenue au rucher !

Les participants sont regroupés en trois équipes/ruchers correspondant à leur provenance géographique (rucher Ain, Loire, Rhône) et prennent position sur la carte/plateau. Leur objectif est double : à la fois produire un miel composé des nectars des différentes fleurs qui leur sont accessibles (les bouchons/jetons), mais aussi se montrer bienveillants et prévoyants pour les abeilles de leur rucher, notamment les plus jeunes pour lesquelles, à l’orée de leurs problématiques croisées, ils planifieront un plan d’éducation. Attention, le commanditaire, apiculteur exigeant et soucieux d’une certaine « éthique de la ruche », les conviera au bout de 10 jours d’intenses butinages, à venir présenter leur miel et leur plan d’éducation.

Le jeu est lancé, et après une phase de concertation, d’échanges de problématiques, de pratiques de terrain et de dessin d’une stratégie, les équipes d’abeilles se succèdent sur des itérations courtes où elles doivent choisir entre quatre possibilités : butiner, produire, essaimer ou échanger. Les itérations/jours se succèdent et arrive bientôt le moment de peaufiner sa communication pour le grand oral avec l’apiculteur avec un temps spécialement dédié.

Un grand oral filmé qui prend des formes différentes, mais toutes soignées, inspirées, et à chacun des participants de découvrir les miels et programme éducatifs méticuleusement pensés.

 

La présentation du rucher de l’Ain

La présentation du rucher de la Loire

La présentation du rucher du Rhône

 

Aller plus loin dans le jeu sérieux « Le Rucher » :

Les objectifs du jeu.

Les ruchers et leurs descriptifs.

Les consignes détaillées du jeu du rucher.

Le descriptif des miels et de leurs vertus.

Les fiches actions du jeu.

 

UNE RATION DE GELÉE ROYALE AVANT DE SE QUITTER

Au jeu succède un temps d’apport bibliographique, pour reprendre les apports de la journée ou pour aller plus loin. Il est temps d’échanger un peu lors d’un débriefing final, puis, après l’évaluation de la journée, de se quitter avec le sourire. Une journée intense, mais conviviale, les vacances sont bien méritées !

Jérôme Bodon-Clair

Chargé de mission  au Pôle Dfie – MIE