Découvrir le projet innovant « ART ET INDUSTRIE NUMÉRIQUE »

Brigitte Aguilera, professeure d’arts appliqués au lycée professionnel Sainte-Marie de Saint-Étienne, est à l’origine du projet culturel « Art et industrie numérique » qui fédère les classes de première BAC Pro communication visuelle pluri-média, de BAC Pro photographie et une troisième Prépa Professionnelle.

Quelles sont les raisons qui vous ont incitée à mettre en place le projet « Art et industrie numérique »  ?

Aujourd’hui, les outils numériques ouvrent de nouvelles perspectives dans le monde du travail, ils bousculent les façons de s’organiser qui deviennent plus collaboratives. Comme toute innovation, l’innovation technologique exerce une influence décisive sur le design et le domaine des arts appliqués.

C’est pourquoi, Nathalie Siewierski et Cindy Faurel du service médiation du musée d’Art et d’Industrie et moi-même avons choisi de faire travailler les élèves de différentes classes du lycée Sainte-Marie en équipe sur un projet de fabrication d’outils d’impression hybrides rétro/futuristes. Ils ont conçu des formes imprimantes artisanales à l’aide d’outils pilotés par informatique dans un FabLab de Saint-Étienne, Open Factory.

 

Quelles sont les ressources que vous utilisez ? Et quel est le déroulement du projet ?

Nous utilisons les ressources et le patrimoine industriel du musée d’Art et d’Industrie pour nous inspirer et créer des formes imprimantes avec des motifs (floraux, symboles de chasse, géométriques…) à sérigraphier et imprimer à l’aide de pochoirs et tampons sur du tissu, du bois, du papier…

Le travail a été exposé au musée d’Art et d’Industrie du 16 février au 8 mai 2017 à l’occasion de la 10e Biennale Design de Saint-Étienne. Les élèves ont étudié l’histoire de la révolution industrielle et les courants artistiques associés.

Nous avons abordé des notions très actuelles comme le LOW TECH, l’artisanat numérique, le futur archaïque ou l’engouement actuel pour les mécanismes, l’artisanat, le numérique mais aussi le thème de la biennale du design à Saint-Étienne, à savoir « Working promesse », les tiers-lieux, le FabLab et les nouvelles organisations de travail.

Les nouveaux élèves des mêmes classes poursuivent l’expérimentation en cette année 2018 avec l’aide du FabLab Open Factory, Inkoozing et Lucile Schrenzel -Designer 3D- pour concevoir et fabriquer des stickers, gilets et accessoires de vélo rétro-réfléchissants, phosphorescents ou fluorescents renforçant la sécurité des cyclistes par une meilleure visibilité. Il s’agit d’utiliser les imprimantes 3D, le plotter de découpe et la découpe laser pilotés par ordinateur pour explorer les nouvelles possibilités de ces machines artisanales/numériques.

Le résultat sera exposé à partir de mai et fera partie de l’exposition sur le cycle urbain au musée d’Art et d’Industrie.

 

Vous faites référence à vos partenaires, pouvez-vous nous présenter les parties prenantes du projet ?

Nos partenaires sont tous stéphanois : le musée d’Art et d’Industrie, l’entreprise de sérigraphie Inkoozing, le FabLab OpenFactory et Lucile Schrenze, un designer textile.

Mais on peut citer aussi les classes de première BAC Pro communication visuelle pluri-média, de BAC Pro photographie et la troisième Prépa Professionnelle, les enseignants d’arts appliqués ; Nathalie, Martine, Paul et Brigitte, Marco et Fabrice ;  sans oublier le financement par La Région Auvergne-Rhône-Alpes et Le programme Eurêka.

 

Vous avez demandé l’accompagnement de la CARDIE, quels sont vos besoins ?

Les mutations liées au numérique nous amènent, nous les enseignants, à changer nos pratiques pédagogiques pour s’adapter à une nouvelle génération d’élèves plus éveillés et autonomes mais aussi moins disciplinés. Bien que motivant, cela n’est pas rassurant car c’est nouveau et expérimental. Nous avons besoin de partager et collaborer pour que ces expériences soient validées, se pérennisent et prennent leur place dans notre quotidien en pleine mutation. Une aide à l’évaluation de ces projets et un regard extérieur seraient appréciés pour progresser et valider ce qui est le plus pertinent.

Propos recueillis par Marianne Crémillieu, chargée de mission à la CARDIE