Conférence Jean-Philippe Lachaux

Collège Honoré de Balzac Vénissieux – Conférence Jean-Philippe Lachaux – Neurosciences   20 octobre 2017

Journée GDD Pratiques Pédagogiques Innovantes, animée par  Jérôme Bodon-Clair

 

En attendant la mise-en-ligne prochaine de l’enregistrement de la conférence, voici une synthèse de cette dernière.

 


Jean-Philippe Lachaux, directeur du laboratoire de Neurosciences de l’INSERM de Lyon

 

Atole –  L’éducation de l’attention constitue l’éducation par excellence W.James, 1890

Trois ouvrages de référence,  chez Odile Jacob :

  • Cerveau attentif                                                        
  • Cerveau funambule
  • Les petites bulles de l’attention

I – L’attention en général

L’éducation de l’attention constitue l’éducation par excellence. L’acte de poser l’attention est l’acte de volonté essentiel. Lorsqu’une abeille butine de fleurs en fleurs elle effectue un trajet qui va et vient partout , à droite à gauche , en haut et en bas. Le regard que l’on pose lorsqu’on compare deux images a exactement  le même trajet que celui réalisé par une abeille qui butine. Le regard si on ne le contrôle pas , va partout . Regard et attention sont très liés. Si on examine ce qui fait que notre regard va partout, on a compris ce qui déplace l’attention : une source de déplacement volontaire et une source qui est involontaire

Deux systèmes à l’origine de l’attention :

  • Un automatisme, un mécanisme de réflexe  nous permet d’être à l’affut de ce qui se passe autour de nous : c’est un instinct de survie de l’individu. Points saillants immédiats
  • Un circuit de la récompense, approche, émotions, peurs. Stimuli qui va déclencher des réactions de l’attention. Danger/opportunités.

Chez l’enfant l’attention est expliquée par ces deux systèmes.

Un troisième système va permettre la concentration = l’attention volontaire. Il occupe la partie avant du cerveau. Elle dépendra de nous, et de ce que l’on considère important ou non. Le cerveau doit pouvoir décider en 1/5ème de seconde si c’est important ou non. Donc la consigne doit être claire et explicite pour l’élève. Est-ce qu’il va s’engager ou non ?

Cortex préfontal latéral (CPFL) . Les neurones vont appliquer la règle logique comprise et le CPFL va réagir différemment en fonction de la consigne

Mon intention va guider un cycle perception /action : trois étapes

  • Qu’est ce qui es important (à regarder, à entendre…) ?
  • Comment dois-je réagir ?
  • Dans quel but ? Intention

Perception, intention, manière d’agir

Comment apprendre ?

  • Comprendre et savoir reconnaître les forces qui bousculent l’attention, et apprendre à y réagir
  • Savoir se fixer un cap et le suivre

II- Projet ATOL (ATTentif à l’écOLe)

Apprendre à développer le sens de l’équilibre attentionnel

Tout le monde semble démuni alors que l’attention est le thème récurrent d’articles de chercheurs, d’enseignants mais rien de concrets n’est réellement sorti  de tous ces articles.

D’où l’idée de déduire des recherches en neurosciences cognitives un programme de découverte et d’éducation de l’attention, pour aider les nouvelles générations à pouvoir choisir ce à quoi ils accorderont de l’attention

Ce projet est financé par l’Agence Nationale de la Recherche (ANR, 2013).

Il concerne 450 classes dans l’académieen 2017-2018 contre  30 classes en 2013-2014.  De de plus en plus de demandes auxquelles il devient  difficile de répondre.

Un MOOC ATOLE  sur magistère va être proposé des décembre 2017 pour ceux qui veulent suivre cette formation.

 

III- Les outils et leurs fonctionnalités

La démarche ATOLE et ses outils.

Métacognition : je ne peux pas m’empêcher, je n’ai pas fait exprès, c’est plus fort que moi, pourquoi je me laisse distraire …..?

Une partie de notre comportement est involontaire

Quand on ouvre le cerveau on voit quelle est la partie du cerveau qui est d’accord et celle qui n’est pas d’accord. Il faut savoir comment fonctionne le cerveau pour comprendre à mieux fonctionner, mieux s’en servir. Si un enfant se jette sur la console de jeux le soir, il aurait pu dire non car c’est juste une partie de son cerveau qui a décidé pour lui.IL aurait pu choisir une autre solution. Il faut lui apprendre.

IL y a des choses qui ne sont pas innées, et qui s’apprennent. Un enfant qui apprend à marcher n’y arrive qu’après des milliers de fois , il tombe et se relève des centaines et des centaines de fois. Il fait des essais . Ce n’est pas facile.

Idem pour apprendre à être attentif. L’équilibre attentionnel met du temps  à s’acquérir  et ce n’est pas facile. Pour l’acquérir l’enfant devra apprendre, essayer, échouer et recommencer.

Apprendre à reconnaitre les forces qui bousculent l’attention et à réagir.

Malgré ses 100 milliards de neurones, on a des failles d’attention, beaucoup de problèmes.

Il faut dont apprendre aux enfants à reconnaître les conflits attentionnels : toujours être au clair sur ce qu’on cherche à faire.

« Maxi moi » ( va comprendre la directive) et « Mini moi (tâches successives à exécuter)  pour permettre la réalisation d’une mission complète→  Réflexion- Exécution

Agir =  une suite de mini -issions, courtes et claires

Dire à une enfant « concentre toi » ne lui dit rien. Il faut des actes.

PIM = modes d’emploi pour se concentrer,

Parfois il ne suffit pas de vouloir.

Conclusion

  • Je comprends les forces qui stabilisent mon attention : métacognition
  • J’apprends à reconnaître leur action : rôle de l’expérience, directe, vécue
  • J’apprends à réagir pour la restabiliser : rôle important du corps
  • Je prends l’habitude d’agir avec une intention simple et claire : système de mini-missions